Notre position
La régulation professionnelle est un pilier pour notre exercice professionnel, la formation en est un autre. Sur ce champ également les travaux préparatoires sont lancés, l’application de la réforme issue des accords de Bologne à la filière infirmière est imminente. Notre position sur ce projet se fonde sur la même logique que celle qui guide notre démarche sur le projet de l’ordre infirmier. La santé de la personne doit elle être abordée comme un champ interdisciplinaire au sein duquel les perspectives disciplinaires se complètent afin de comprendre les problématiques et agir sur elles. L’investissement de chaque champ disciplinaire par les professionnels de santé concernés devient alors un impératif afin de garantir la qualité de prise en charge interdisciplinaire.
Notre profession ne doit pas sacrifier sa spécificité sur l’autel de l’interdisciplinarité. Dans un format universitaire LMD, il convient donc de faire des soins infirmiers une discipline académique à part entière. C’est une condition essentielle afin que notre filière de formation ne perde pas une autonomie qu’elle avait mise longtemps à acquérir. En outre, la place accordée à nos formateurs en soins infirmiers dans un système reconfiguré est dépendante de cette disposition. Aurons nous, au terme d’une période transitoire permettant aux formateurs d’acquérir les degrés universitaires nécessaires, des professionnels infirmiers placés dans des position de décisions dans le gouvernement de l’université ou serons nous relégués à un statut de professeur secondaire enseignant dans le supérieur, une nouvelle version des « monitrices » de nos anciens programmes ? La menace est sérieuse et appelle une mobilisation de la profession.
Nos actions
OCTOBRE 2008 : Réaction de l'ANFIIDE par l'intermédiaire de son Président Christophe DEBOUT.
"L’argumentaire
développé dans ce rapport ainsi que les recommandations qu’il contient
semblent loin de la finalité d’une réforme d’envergure concernant le
groupe de professionnels de santé le plus nombreux en France.
Ce
constat est paradoxal alors qu’en 2007 le ministère de la santé, dans
son étude prospective des métiers, qualifiait l’infirmière de «
profession sensible » au regard des évolutions qu’elle allait devoir
engager dans les années à venir. Ce n’est ni la complexité sans cesse
croissante de l’exercice infirmier, ni la grande diversité des champs
d’activités ouverts à la profession ou encore le développement
permanent de la capacité de mutabilité demandée aux infirmières qui
sont mis en avant comme finalité de cette réforme." Lire la suite
SEPTEMBRE 2008 : parution du rapport de l'IGAS consulter le document
AVRIL 2007 : l'ANFIIDE,
par l'intermédiaire de son Président, réagit au
refus du gouvernement d'accorder aux infirmières une licence et
un diplôme d'état. L'ANFIIDE prend position afin de mettre
en place une filière de formation en soins infirmiers
répondant aux besoins et aux exigences de la population et en
adéquation avec les attentes des professionnels. Consulter le document
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MARS 2007 : Les portes de
l’université se ferment à la
filière infirmière : chronique d’une
promesse non tenue !
Communiqué de Monsieur Christophe DEBOUT, Président de l'ANFIIDE
Bien que la décision officielle n’ait pas encore
été communiquée, les
déclarations liminaires à la réunion
du groupe élargi validation des acquis issus de
l’expérience (VAE) infirmière laissent
présager que l’attribution d’une licence
et du diplôme d’état ne soit plus
à l’ordre du jour du gouvernement. Cette
décision remet gravement en cause le projet de reformatage
de la filière infirmière sur un modèle
universitaire de type Licence-Master-Doctorat (LMD).
Cette annonce est en totale contradiction avec les orientations qui ont
guidé les concertations menées sur ce
thème entre le ministère de la santé,
celui de l’éducation nationale et de
l’enseignement supérieur et les
représentants du groupe professionnel infirmier depuis de
nombreux mois.
L’investissement des organisations professionnelles et
syndicales a été important et soutenu autour de
ce dossier tant nous le jugeons essentiel à
l’évolution de la profession infirmière
au service des besoins et attentes de la population. Il nous
paraît également essentiel de rattraper le retard
accumulé par la France dans l’application des
accords de Bologne à la filière
infirmière en comparaison des autres pays de
l’Union Européenne.
Notre déception sera à la mesure de notre
degré d’investissement si cette
décision est confirmée.
Nous ne manquerons pas de dénoncer : le manque de
cohérence dans la conduite de ce dossier, la duperie
inhérente au projet de VAE infirmière, les
injonctions paradoxales formulées à
l’égard du groupe professionnel infirmier ainsi
que les engagements ministériels non tenus.
Cette nouvelle volte face n’est pas sans nous rappeler le
sort accordé au projet de première
année commune des professions de santé.
Là encore, ce projet avorté laissera les besoins
et les problèmes sans réponse et fera
croître le sentiment de frustration chez les
infirmières.
Comment espérer attirer vers la filière
infirmière et fidéliser les professionnels en
exercice alors que nos décideurs tirent vers le bas ce
groupe professionnel ?
Peut-être devons-nous voir dans cette décision une
stratégie cachée visant à organiser
une pénurie dans ce secteur afin de pouvoir ensuite plus
facilement déqualifier. N’est ce pas là
la réplique à plus grande échelle de
ce que nous avons connu pour les soins infirmiers au bloc
opératoire et pour les soins à domicile ?
Dans ce contexte, nous devons actionner sans délai le levier
que nous offre la période électorale dans
laquelle nous entrons. Les 460 000 infirmiers et les 80 000
étudiants en soins infirmiers sont autant de citoyens
électeurs potentiels. Nous ne manquerons pas
d’intégrer ces questions dans les
débats politiques. Le vote des infirmiers doit
être éclairé sur les intentions des
candidats sur les thèmes qui façonneront leur
exercice et leurs parcours professionnels.